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Des origines au XVIIIe Période romantique Second Empire Reliures armoriés |
Conditions habituelles du livre.Chapitre III du Guide du bibliophile français - Notions générales de Bibliophilie pratique. Par Marcel CLOUZOT.Paris, Librairie Clouzot, 1953. (Manuel succinct pour l'amateur de textes français des origines à 1880, par un éminent libraire. Ce manuel accompagne Le Guide en 2 tomes.) Les premiers ouvrages français signalés dans le cours du "Guide du Bibliophile Français, XVe au XIXe siècle", ne se rencontrent qu'exceptionnellement en reliures d'époque. En effet, il leur a été fort difficile de parvenir jusqu'à nous sous leur première enveloppe, d'abord parce que, si solides qu'elles fussent, elles ont eu peine à résister à plus de quatre cents ans d'usage et ensuite parce qu'elles ont été souvent " cassées " par des amateurs du XVIIIe siècle au Second Empire n'appréciant que fort peu ces reliures qu'ils jugeaient fort grossières et indignes du texte précieux qu'elles renfermaient. Donc, sauf cas exceptionnels, on rencontre généralement des premiers ouvrages de la fin du XVe siècle et du début du siècle suivant en reliures romantiques et en excellentes reliures du Second Empire. Nous aurons beaucoup plus de chances de posséder les textes de la Renaissance en reliure contemporaine. Ils ont été assez ignorés au XVIIIe siècle, sauf Rabelais et Montaigne, et ne commencèrentà être recherchés des bibliophiles qu'à la fin de la période romantique. Ce sont les reliures légères en vélin qui ont en général le mieux résisté au temps. On peut trouver relativement facilement un Ronsard, un Baïf ou un Des Portes dans son premier vélin. Les exemplaires reliés en vélin doré sont évidemment beaucoup plus rares et beaucoup plus enviables; on peut encore en découvrir mais ils se payent beaucoup plus cher et méritent cet effort. Les reliures en veau ont en général moins bien résisté, elles sont d'ailleurs un peu moins fréquentes. Les reliures en maroquin sont fort rares sur ces bons textes et tout a fait exceptionnelles si elles sont de qualité. On rencontre peu ces volumes en reliures du XVIIe siècle, sauf Marot et Montaigne peut-être. On ne les voit plus guère qu'en reliure de la fin du XVIIIe siècle, presque toujours de belle qualité. On les voit encore parfois en reliures pleines du début du siècle suivant, mais leur condition la plus habituelle est d'avoir été habillés par les grands relieurs du Second Empire et de la fin du XIXe siècle, en maroquin le plus souvent janséniste. Les grandes éditions originales classiques du XVIIe siècle ne se rencontrent que tout à fait exceptionnellement en maroquin d'époque, non plus qu'en maroquin du XVIIIe siècle ou en reliure romantique. Elles ne furent vraiment recherchées qu'à partir du Second Empire. On les trouve donc soit en reliures simples d'époque : basane ou veau, soit en maroquin du Second Empire ou de la fin du XIXe siècle. Il est à noter que les pièces de Théâtre de Molière, Cornellle, Racine, etc..., lorsqu'elles sont en format in-12, sont extrêmement rares en reliures d'époque, même en simple vélin sans ornements. En effet, elles furent le plus souvent reliées en recueil avec d'autres pièces de moindre intérêt; recueils qui furent cassés ensuite pour en extraire les dites pièces et les faire relier en plein maroquin. Les éditions originales du XVIIIe siècle se rencontrent plus facilement en reliures d'époque qu'en maroquin moderne, mais sont toujours des plus rares en maroquin ancien. Les illustrés de cette époque : Molière de Boucher, Racine et Corneille de Gravelot, Contes de Voltaire, etc... existent en reliures anciennes : maroquin, basane, veau, ainsi qu'en maroquin de la fin du XIXe siècle. Préférence est donnée maintenant aux ouvrages en reliures d'époque. Seuls les exemplaires présentant des suite d'états ajoutés : eau-forte pure, avant-letttre, etc... sont presque toujours en maroquin moderne. |
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Période romantique Retour au début du chapitre III |
A partir de la période romantique, les éditions originales et les illustrés se présentent en deux conditions, aussi intéressantes l'une que l'autre, entre lesquelles les bibliophiles choisissent suivant leur goûts. En effet cette époque voit apparaître les volumes vendus couramment à l'état broché, sous couverture. Les relieurs de l'époque, sauf cas exceptionnels, les relièrent en faisant sauter les dites couvertures auxquelles ils n'attachaient aucune importance. Voici donc les deux états dans lesquels les bibliophiles recherchent ces ouvrages : 1º Les exemplaires en reliure d'époque. D'une manière générale les éditions originales romantiques sont en demi-reliures, la plupart du temps très simples. Un dos au décor soigné ou signé d'un bon relieur donne une grosse plus-value à un exemplaire. A cette époque furent employés les premiers papiers de coton, qui insuffisamment encollés, se piquèrent facilement. Le fait, pour une originale romantique de présenter quelques rousseurs est un état normal en reliure d'époque. Les bibliophiles de l'époque préférèrent conserver les reliures pleines pour les classiques ou pour les ouvrages de l'époque à la forme classique, tels Casimir Delavigne ou Baour-Lormian! Seul un romantique à la tournure un peu classique comme Lamartine se rencontre parfois en reliure pleine. Les illustrés romantiques ont été en général mieux traités que les éditions originales. Un amateur se montrera plus difficile sur la qualité de la reliure d'époque. Elle sera souvent signée. Les reliures pleines sont moins rares, parfois même assez courantes telles que sur le célèbre Paul et Virginie de Curmer! Sauf quelques exceptions les rousseurs sont fréquentes. 2º Les exemplaires avec couverture. A) BROCHÉS. - On rencontre parfois encore des ouvrages romantiques brochés, tels qu'ils ont paru. Cet état est rare. Certains bibliophiles préfèrent les conserver ainsi plutôt que de les faire relier actuellement. Cette théorie se soutient fort bien qui consiste à conserver un ouvrage dans son premier état. Mais outre le fait qu'un exemplaire bien établi en reliure moderne est conservé intact, nous devons signaler qu'un livre romantique à l'état broché est pratiquement inutilisable pour la lecture. Le dos, brûlé par les ans, se casserait rapidement. Il doit même être conservé dans un étui. B) RELIÉS. - Etat plus fréquent. L'exemplaire doit posséder sa couverture imprimée, le dos si possible et toutes ses marges, Il ne doit être rogné qu'en t^tte. Amoins qu'il ne soit conservé en excellent état de fraicheur intérieur, il aura dû subir un lavage destiné à lui rendre sa farîcheur première et un encollage qui devra le préserver des futures rousseurs. Certains volumes de l'époque romantique ont eu la mauvaise chance d'être reliés trop tard. Trop tard pour qu'ils puissent prétendre à posséder une reliure d'époque, trop tôt pour avoir connu la mode de la couverture conservée et des marges intactes. En principe, et à moins qu'il ne s'agisse d'ouvrages extrêmement rares ou possédant une particularité attachante, ces exemplaires sont à rejeter. Les mêmes remarques s'appliquent aux ouvrages illustrés de la même époque. Avant de quitter la période romantique, nous dirons quelques mots des classiques genre Lefèvre et des in-12 format Charpentier. Didot, suivi par Lefèvre et autres excellent éditeurs de la même époque : Boulland, Lequien, Bossange, Blaise, Sautelet, Dalibon, etc... ont publié d'excellentes collections de classiques très bien imprimés sur deux ou trois papiers de qualité différente, qui ont en général été fort bien reliées. Ces collections sont de plus en plus recherchées et à juste raison par nombre de bibliophiles qui en constituent leur rayon de classiques. Ces volumes sont très souvent piqués, particulièrement en grand papier vélin. Ils ne sont à rechercher qu'en reliure d'époque, fraîche et de bonne qualité. Certains d'entre eux ont eu la bonne fortune d'avoir été recouverts par les meilleurs relieurs de l'époque : Thouvenin, Simier, Bibolet, Vogel, etc..., de reliures pleines en veau ou en maroquin. Ils sont très recherchés et toujours d'un prix assez élevé en cet état. Ils sont carrément à rejeter en reliures médiocres, sortant du domaine de la vraie bibliophilie. On les rencontre fort peu en reliures modernes de style romantique. En effet, un bel exemplaire en reliure ancienne est moins onéreux que la simple copie de cette reliure exécutée par un bon praticien moderne sur un exemplaire broché. On trouve aisément ces ouvrages en reliures, enrichis de suites de figures publiées à l'époque, gravées sur acier et sur cuivre. Sous le Second Empire de nombreux bibliophiles firent encore relier très richement ces ouvrages souvent en plein maroquin par les meilleurs relieurs : Capé, Masson, Duru, etc..., en les enrichissant généralement de suites du XVIIIe et du XIXe siècle. Ces exemplaires sont toujours assez recherchés. Nous signalons au cours de cette bibliographie [Le Guide en 2 tomes] pour un grand nombre d'ouvrages les premières éditions in-12. Cette indication a pris un assez grand intérêt depuis que beaucoup d'amateurs moyens recherchent ces volumes de petit format parus après 1838 chez Charpentier principalement, Gosselin, Lecou, M. Lévy, etc... A part ceux de ces volumes qui s'y trouveraient en édition originale ou en partie originale, ils ne constituent pas en eux-même de vrais livres de Bibliophilie. Ils ne sont à rechercher qu'en reliures d'époques fraîches et jolies. |
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Second Empire Retour au début du chapitre III |
Second Empire. Les éditions originales de cette époque se présentent sous les mêmes aspects que les romantiques, soit en reliures d'époque, soit en reliures modernes avec couvertures. A noter qu'on les rencontre beaucoup plus fréquemment brochés que les précédentes. Les mêmes règles s'appliquent à ces ouvrages. Les relieurs ont commencé à garder les couvertures d'une façon suivie vers 1875-85. A partir de cette date approximative tous les volumes qu'ils soient en reliures d'époque ou non doivent posséder leurs couvertures et leur marges intactes! La plupart des éditions originales du Second Empire, souvent même les grands papiers, ont été simplement relié à l'époque. Leur reliure la plus courante est le demi-chagrin, dos ornés ou même janséniste. Les tranches sont habituellement rognées et mouchetées, parfois marbrées ou peignées. Les exemplaires en demi-reliures plus soignées non rognés, présentent souvent sune tête dorée, formule conservée depuis. Ces demi-reliures signées du nom d'un bon relieur de l'époque donnent une forte plus-value à un exemplaire. Les matières employées restent la basane, réservée aux reliures les plus communes, le chagrin le plus habituellement employé, le veau souvent utilisé en couleur naturelle crème ou fauve, le cuir de Russie plus rarement, le maroquin à petit grain naturel pour les meilleures reliures. Le vélin n'est utilisé qu'occasionnnellement. A cette époque apparaissent également les premières demi-reliures à la bradel en percaline et demi-percaline. Cette reliure légère et bon marché n'est par désagréable lorsqu'elle est bien exécutée. Elle devint ensuite la reliure la plus courante pour les romans. La reliure pleine est exceptionnelle sur les ouvrages qui nous intéressent. Elle était surtout réservée aux livres anciens habillés de neuf et aux ouvrages illustrés d'un prix assez élevé. En général la technique de toutes ces reliures est parfaite. Par contre le décor ne présente rien d'original. Les dos sont jansénistes, ornés de filets dorés et à froid ou présente une copie de rilure plus ancienne, ainsi que nous l'avons dit précédemment. Les rousseurs sont plus rares que dans les ouvrages de la période romantique. |
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Reliures armoriées Retour au début du chapitre III |
Reliure aux armes. La naissance des reliures aux armes remonte aux premières années du XVIe siècle. Elles ne présentèrent d'abord que les armes des personnages royaux, armes précieuses et rares que nous n'aurons guère la chance de rencontrer sur les textes qui nous intéressent. La mode s'en répandit aux cours du XVIe siècle mais il reste tout à fait exceptionnel de rencontrer un bon texte de littérature française en reliure armoriée de cette époque. Les armes deviennent fréquentes au cours du XVIIe siècle. Leur présence donne toujours une forte plus-value à un exemplaire, une très grosse s'il s'agit d'une édition originale classique, car c'est là un état exeptionnel et très recherché. Les mêmes remarques s'appliquent au XVIIIe siècle. Les reliures aux armes sont peu communes sur les textes parus durant l'Empire. En général la noblesse était peu lettrée. Les armes se font moins fréquentes, d'une façon générale, sous la Restauration et recouvrent le plus souvent des réimpressions d'oeuvres classiques. Elles sont très rares sur les éditions originales romantiques. Sous le Second Empire elles ont presque totalement disparu. D'une façon générale, la présence d'armes sur un volume lui donne une plus-value certaine d'autant plus s'il s'agit d'un ouvrage rare. Elles sont plus fréquentes sur les ouvrages illustrés que sur les éditions originales. Certaines de ces reliures portent, répétées aux angles et au dos, les pièces d'armes contenues dans ces armoiries; plus décoratives elles n'en sont que plus intéressantes. Parfois même, sans armes sur les plats, elles se contentent de ces seules pièces d'armes au dos. D'autres, particulièrement sur les reliures du XVIIIe siècle, ou sur les demi-reliures romantiques, portent les armes complètes au bas du dos. Enfin d'autres reliures, au lieu d'armes, portent seulement un chiffre entrelacé. Fort intéressantes également ces dernières présentent le grave inconvénient d'être souvent beaucoup plus difficiles à identifier. Pour la reproduction des différentes armes relevées sur les reliures, nous renverrons nos lecteurs aux ouvrages spécialisés du Guigard et Olivier, Hermal, Rioton, de beaucoup plus complet. Nous terminerons ce paragraphe en signalant aux bibliophiles qui ne le sauraient déjà que des armes non identifiées sont toujours moins recherchées. Leur présence donne encore une certaine valeur à un exemplaire. |