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Restauration du papier
Rousseurs
Mouillures, taches, etc.

Restauration des reliures
Usures et frottages
Rapiecages et cassures
Quelques conseils

Restaurations.

Chapitre VI du Guide du bibliophile français - Notions générales de Bibliophilie pratique. Par Marcel CLOUZOT.
Paris, Librairie Clouzot, 1953.
(Manuel succinct pour l'amateur de textes français des origines à 1880, par un éminent libraire. Ce manuel accompagne Le Guide en 2 tomes.)

Deux volumes anciens sur trois ont besoin de restaurations, s'ils ne les portent pas déjà. Elles sont toujours à faire exécuter. Non seulement pur l'agrément du bibliophile qui ne maniera jamais avec plaisir un volume en état médiocre, mais parce que les avaries non réparées ne pourront que s'accentuer avec le temps. Une réparation bien exécuitée n'est pas une tare pour un volume ancien.

Nous conseillons aux bibliophiles à ce sujet de ne s'adresser qu'à des praticiens consommés et adroits, ayant fait leurs preuves, car une mauvaise réparation déprécie plus un exemplaire que le défaut à réparer. Il faudrait en effet défaire les restaurations maladroites et cela ne se passe pas toujours sans dommage pour le livre.

Les restaurations se divisent en deux classes, chacune d'entre elles représentent la spécialité d'artisans différents : les restaurations du papier et celle de la reliure.

Le papier
Rousseurs

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1º RESTAURATION DU PAPIER.

Rousseurs.

a) Sur un ouvrage en reliure ancienne. - C'est le cas le plus délicat. Si les rousseurs sont légères, le mal n'est pas grave, elles sont à négliger simplement. Si elles sont fortes mais n'atteignent que quelques feuillets, le mal est souvent réparable. Un laveur habile pourra les faire disparaître au pinceau sans sortir les feuillets du volume. Ce travail n'est pas à entreprendre sur un très grand nombre de feuillets, car l'humidité du lavage a tendance à élargir et faire gondoler ceux-ci, défauts peu apparents et réparables sur quelques pages, prohibitifs sur une importante partie du volume.

Si par bonheur, il s'agit d'un ouvrage romantique non rogné, en reliure d'époque, comme cela se produit parfois, cet inconvénient est beaucoup moins grave.

Si les rousseurs, très fortes, atteignent la majorité du volume, il n'y a pratiquement rien à faire, car une seule solution s'applique à ce cas et nous ne la conseillons pas : sortir entièrement le volume de sa reliure, le laver, le réencoller et le remettre dans sa reliure primitive. Le volume ayant subi ce traitement n'a plus l'aspect d'un volume ayant normalement vieilli dans son premier vêtement. S'il a été rogné, ses tranches seront inégales et auront perdu partiellement leur décor primitif; si pour remédier à cet inconvénient, on le rogne à nouveau, il " nagera " dans sa reliure et présentera l'aspect d'un livre truqué.

Donc, écartez résolument un livre par trop roussi en reliure d'époque à moins qu'il ne s'agisse d'un ouvrage particulièrement rare ou d'un exemplaire exceptionnel.

b) Sur un ouvrage broché. - Le mal est très facile à réparer. Donnez le livre à un laveur qui vous le rendra à l'état de neuf, soit en feuilles si vous le destinez à la reliure, soit broché à nouveau si vous désirez le conserver dans cet état.

c) Sur un exemplaire en reliure moderne. - L'exemplaire aura été relié sans avoir été lavé. On peut encore y porter remède. Un relieur habile pourra le sortir de sa reliure et l'y remettre une fois lavé. Ce travail n'est à entreprendre que s'il s'agit d'un livre non rogné.  

Le papier
Mouillures, taches, trous, etc

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MOUILLURES.

Même cas et mêmes traitements que pour les rousseurs.

TACHES D'ENCRE.

Si les taches d'encre ne sont pas trop anciennes, un bon laveur les fera disparaître.

FENTES.

Une fente en elle-même n'est pas trop grave, s'il n'y a pas de manque de papier. La plupart des laveurs se chargent de cette réparation.

TROUS DE VERS ET DÉCHIRURES.

La réparation est toujours possible, mais beaucoup plus difficile et apr conséquent beaucoup plus coûteuse. Elle N'est à entreprendre que sur un livre d'une certaine valeur. En effet, le restaurateur pourra boucher assez facilement quelques trous de vers avec de la pâte à papier. Par contre, il lui faudra pour une déchirure, trouver d'abord un papier correspondant à celui de l'ouvrage pour effectuer la restauratio, chose particulièrement difficile pour le papier vergé. Si la déchirure atteint quelques mots du texte, ceux-ci pourront être refaits par le même restaurateur, à la plume et à l'encre de Chine. C'est un genre de réparation à ne faire entreprendre que sur un ouvrage vraiment rare et précieux.

PAPIER CASSANT.

Principale maladie des premiers papiers de bois. Le feuillet, simplement plié, casse comme du verre. Aucun remède.

PAPIER MOISI.

Si le papier est moisi et encore résistant, un bon lavage pourra sauver le volume, s'il s'effrite sous le doigt, il n'y a plus aucun remède.

TACHES GRASSES.

Évitez autant que possible de faire l'acquisition d'un livre, même précieux, présentant des taches d'origine graisseuse. Neuf fois sur dix, elles ne pourront être effacées. Seul un essai tenté par un laveur vous renseignera à cet égard.  

Les reliures abîmées
Coins, coiffes, mors, épidermures...

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2º RESTAURATION DES RELIURES.

La majeure partie des reliures anciennes ont besoin de quelques restaurations, plus ou moins importantes. Il existe actuellement à Paris deux ou trois artisans spécialisés dans cet art et qui y excellent absolument.

Un amateur n'ayant pas une très grande habitude des livres anciens se rendra difficilement compte par lui-même si une reliure ancienne peut être sauvée ou non, si elle retrouvera sa fraîcheur et son éclat ou si, malgré tous les soins, elle restera en état médiocre. Seul un de ces bons restaurateurs dont nous parlons précédemment ou un liobraire ayant l'habitude de ce genre de travail pourra le renseigner à cet égard.

Nous tenterons tout de même de dire ici quelques mots à ce sujet sur un certain nombre de cas, pour le guider déjà un peu :

COINS CASSÉS, COIFFES ARRACHÉS.

Ce sont là les maux les plus fréquents dans uen reliure ancienne. Ce sont en général des réparations assez faciles.

MORS FENDUS.

Si les mors ne sont fendus que partiellement, ce n'est pas en général bien grave. Entièrement, cela exige une réparation plus délicate, qui n'est pas toujours impeccable.

L'ÉPIDERME DE LA PEAU A ÉTÉ ARRACHÉ PAR LANGUETTES EN CERTAINS ENDROITS.

C'est un mal assez fréquent sur les basanes anciennes. La réparation est difficile.  

Les reliures maganées
Armes, rapiecage, les ors, etc.

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ARMES GRATTÉES SUR LES PLATS.

Il n'y a à peu près aucun remède.

UN MORCEAU DU DOS OU DES PLATS A ÉTÉ ARRACHÉ.

Si bizarre que cela puisse paraître cette réparation peut être souvent adroitement faite surtout s'il s'agit d'une peau, basane ou veau, portant des marbrures ou des mouchetures. Un bon restaurateur arrivera à remplacer la partie manquante et refera les fers manquants au pinceau et à l'or fin. S'il s'agit d'une reliure vraiment précieuse il pourra même faire graver des fers semblables à ceux de l'exemplaire pour les y pousser à nouveau. C'est toujours là une réparation assez coûteuse.

UNE PIÈCE DE TITRE OU DE TOMAISON MANQUE.

C'est assez grave. Un très habile restaurateur pourra tout de même la remplacer en employamt une peau ancienne, à condition qu'il possède des caractères dans le style de ceux déjà employés sur le dos du volume. C'est une restauration qui nuit toujours à la valeur d'un exemplaire, et qui reste souvent assez visible.

LES ORS D'UNE RELIURE SONT ENCRASSÉS.

C'est assez facile à réparer, la plupart du temps les ors retrouveront leur éclat.

LES ORS MANQUENT PAR ENDROIT.

Si le mal n'est pas trop important, un restaurateur saura les refaire au pinceau et à l'or fin.

LA PEAU EST ÉPIDERMÉE ET S'EFFRITE SOUS L'ONGLE.

C'est une maladie fréquente chez la basane et certains cuirs anglais. Elle est sans remède.

LE DOS D'UNE RELIURE EST PASSÉ OU JAUNI.

C'est fréquent chez les maroquins vert ou grenat anciens ainsi que sur certaines peaux de l'époque romantique : vertes, violettes, grenat entre autres. Certains exemplaires peuvent être fortement améliorés, d'autres non. Le restaurateur ne pourra le plus souvent même pas vous renseigner à ce sujet avant d'entreprendre le travail, qui est presque toujours fort long et délicat.

TACHES D'ENCRE DANS LA PEAU.

Taches extrêmement difficiles à effacer à moins qu'elles ne soient récentes. Un bon restaurateur y parvient pourtant quelquefois.

TROUS DE VERS.

Facile à réparer s'il ne sont par trop étendus.

LE VOLUME EST COMPLÈTEMENT SORTI DE SA RELIURE, LES FICELLES SONT CASSÉES.

Beaucoup plus fréquent pour les volumes romantiques qu'anciens. Réparation très délicate et rarement réussie.

QUELQUES CAHIERS SONT LÉGÈREMENT DÉBOÎTÉS.

Réparation qui peut sembler aisée à première vue. Tout au contraire, c'est une des plus délicate à réaliser. Elle est rarement réussie.

DES ARMES OU CHIFFRES ONT ÉTÉ RECOUVERTS D'UNE PIÈCE DE PEAU.

Si les armes sont intactes par en-dessous, une restauration remettra aisément cette reliure dans son état premier. Il n'y aura évidemment rien à faire si les armes ont été décupées ou grattées.

LE DOS MANQUE COMPLÈTEMENT.

Cette réparation n'est à entreprendre que sur une reliure du Xve ou du XVIe siècle particulièrement précieuse. Un bon restaurateur pourra refaire entièrement un dos dans le style du volume.  

Quelques conseils

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INDICATIONS GÉNÉRALES.

Teintes claires. - Toutes les teintes claires et particulièrement les veaux blonds et roses supportent mal les restaurations. La mieux exécutée d'entre elles reste toujours assez apparente.

Chagrin. - Le chagrin se prête assez mal également aux réparations. Elles restent toujours assez visibles.

Cartonnage en papier. - Toujours difficile à restaurer.

Cartonnages romantiques en percaline. - Supportent mal les réparations qui restent toujours assez visibles.

Cuir de Russie. - Se répare peu facilement. Les pièces sont toujours assez apparentes.

Vélin. - Très difficiles à restaurer. Ils se nettoyent par contre généralement assez bien.  

 

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