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Truquages du papier Feuillets gillotés Les grattages Truquages des reliures Emboîtages Remboîtages Dos refaits Dorures récentes Armes fausses Reliures neuves |
TruquagesChapitre VII du Guide du bibliophile français - Notions générales de Bibliophilie pratique. Par Marcel CLOUZOT.Paris, Librairie Clouzot, 1953. (Manuel succinct pour l'amateur de textes français des origines à 1880, par un éminent libraire. Ce manuel accompagne Le Guide en 2 tomes.) Certains livres ont subi quelques préparations dans un but assez malhonnête qui doit les faire écarter à tout jamais d'une bibliothèque sérieuse. Certains de ces truquages sont fort difficiles à discerner sans une longue pratique du livre. Ces quelques notes n'ont d'autre but que de mettre en garde les bibliophiles. En cas de doute, ils pourront toujours demander l'avis d'un libraire à l'oeil exercé. 1º TRUQUAGE DU PAPIER. Feuillets gillotés. Dans un certain nombre d'ouvrages anciens précieux quelques feuillets manquants ont été parfois remplacés par leur réimpression exécutée à l'aide d'un cliché photographique gravé sur zinc. Cette pratique qui tient plutôt de la restauration n'est malhonnête que si elle n'est pas signalée. Il est évident que si un exemplaire ainsi complété est préférable à un exemplaire mutilé, il ne possède toutefois qu'une valeur commerciale inférieure à celle d'un exemplaire normal. La présence de ces feuillets réimprimés est parfois difficile à discerner, particulièrement dans un exemplaire en reliure moderne. Les caractères sont souvent un peu moins nets et l'encre est d'une teinte et d'un éclat différents. Le moyen de détection qui reste le plus facile est l'examen du papier. Il est en effet à peu près impossible de se procurer à notre époque une feuille de papier exactement semblable à celui d'un volume du XVe au XIXe siècle, surtout si ce volume est imprimé sur papier vergé. Cette mode du gillotage a pris une assez grande extension ces dernières années. Elle a quitté le domaine de la restauration pour atteindre celui de la tromperie pure et simple. Nous n'en citerons qu'un exemple : Si la première édition collective de Balzac, 1842-55 en 20 volumes in-8 est un ouvrage rare et recherché avec ses titres et ses couvertures à la bonne date, c'est un ouvrage tout à fait courant en tirage postérieur, 1858, 1863, 1877, etc... On pourra rencontrer parfois un tel ouvrage composé de volumes d'un de ces derniers retirages dont tous les titres et couvertures datés de 1842-55, fabriqués par ce procédé, ont remplacé les titres et couvertures primitifs. De telles pratiques sont rares mais il est préférable de mettre les bibliophiles en garde. On aura peut-être également l'occasion de rencontrer quelques romantiques rares avec des couvertures impeccables dont l'état tranche souvent avec celui du volume beaucoup moins satisfaisant. Un amateur devra les examiner de très près et si cela s'avère nécessaire, faire expertiser ces couvertures par quelqu'un de compétent. |
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Grattages des papiers Retour au début du chapitre VII |
Grattages. Certaines couvertures et certains titres de relais, portant une mention d'édition ou de " mille " ont subi un grattage destiné à faire disparaître cette inscription gênante (exemple : la couverture de l'édition originale des " Diaboliques "). Un examen en transparence fera facilement apercevoir la supercherie. Certaines dates ont été parfois corrigées à la plume et à l'encre de Chine. C'est un petit truquage assez facile à distinguer surtout s'il y a eu grattage auparavant. Certaines figures de livres illustrés du XVIIIe siècle ont parfois, parce que trop courtes pour l'exemplaire, été coupées au " cadre " et remontées. On entend par là qu'à la limite précise formée par le cadre de l'illustration, un coup de canif a fait sauter les marges par trop incomplètes et que cette figure a été collée sur un papier ancien et mise sous presse. Parfois également un cadre correspondant exactement aux dimensions de la figure a été découpé dans ladite feuille de papier ancien, puis la :figure y a été insérée et collée par ses bords, ceci afin d'éviter toute épaisseur au centre.
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Reliures truquées Emboîtages Retour au début du chapitre VII |
2º TRUQUAGE DES RELIURES. Ils sont beaucoup plus nombreux. Emboîtages. Voici le plus fréquent de tous les truquages : Un livre a été placé dans une reliure qui recouvrait précédemment un autre livre. Cette opération malhonnête a été effectuée maintes fois sur des Montaigne, Pascal, La Bruyère recouverts de maroquin abritant primitivement des ouvrages de piété et sur des Musset, Hugo et Stendhal recouverts d'éclatantes reliures pleines qui auraient dû finir leurs jours sur des Baour-Lormian, Crébillon père et Ernest Legouvé. Evidernment un ouvrage ainsi habillé devient une pièce enviable, malheureusement un remboîtage est presque toujours facile à discerner. En effet, deux volumes ne possèdent presque jamais exactement les mêmes dimensions en épaisseur, hauteur et largeur, aussi le malheureux volume richement habillé de neuf n'a pas l'air chez lui. Le vêtement est trop grand dans un sens ou dans un autre, le dos n'est pas bien pris, le livre s'ouvre mal, les chasses ne sont pas équilibrées, etc... De plus, le titre primitif étant presque toujours poussé au dos de la reliure, celui-ci a dû être " orné " d'une pièce de titre fabriquée à cet effet. On aurait ainsi d'amusantes surprises en décollant parfois, avec précaution, certaines pièces de titre. Les bibliophiles arriveront petit à petit à distinguer un remboîtage d'une reliure honnête. En effet, un livre remboîté est rarement dangereux pour un amateur ayant quelque habitude du livre. Dans un cas douteux, demandez le diagnostic d'un bon libraire ou d'un habile restaurateur de reliures. Si nous conseillons aux bibliophiles d'être prudents à ce sujet, nous les mettons également en garde contre l'excès contraire : certains d'entre eux dans la crainte d'acquérir un exemplaire remboîté et alarmés par une particularité de la reliure qui ne leur est point familière, écartent délibérément de forts beaux volumes aussi honnêtes qu'il est possible de l'être.
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Reliures truquées Livres remontés Retour au début du chapitre VII |
Exemplaires remboîtés. On entend par là un exemplaire qui, sorti de sa reliure pour une raison quelconque, y a été replacé. Le cas relève d'ailleurs beaucoup plus du domaine de la restauration que de celui du truquage. En effet, cette opération rendue le plus souvent nécessaire par l'état du livre ne cherche pas à lui faire endosser une reliure pour laquelle il n'était pas fait. Nous en avons parlé évidemment à l'article lavage dans le chapitre des restaurations. Le livre était fortement piqué, on l'aura fait laver puis replacé dans sa reliure originelle, ou bien le fait d'être complètement déboîté aura nécessité la même opération. C'est tout de même là une tare assez grave.
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Reliures truquées Dos refaits Retour au début du chapitre VII |
Dos modernes C'est là un cas qui se produit surtout sur les demi-reliures romantiques. Le dos était totalement hors d'usage, il a été remplacé par un dos moderne. Cette opération même très bien exécutée laisse encore des traces : le dos est gauche. De plus dans une reliure normale le dos a été collé le premier, suivi ensuite par les papiers des plats et des gardes qui le recouvrent partiellement. Lorsque le dos est refait, un œil exercé aperçoit facilement que le papier des plats a été légèrement soulevé pour permettre le passage du bord de la nouvelle peau. Le papier des gardes a été le plus souvent légèrement fendu pour cette opération. Il ne s'agit plus cette fois de restauration mais bien de truquage, car dans une demi-reliure le dos constitue évidemment la partie principale. Un exemplaire ainsi " rafistolé " est à rejeter purement et simplement.
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Reliures truquées Dorures récentes Retour au début du chapitre VII |
Reliure anciennes, dorure moderne. Une reliure ancienne semble trop simple, son possesseur décide de la faire orner et pour cela y fait pousser quelques fleurons d'or. C'est un véritable massacre, l'exemplaire est perdu. On s'aperçoit de ce tripotage à l'éclat des fers qui tranche sur l'aspect de la reliure, d'autant plus facilement qu'ils se trouvent à côté de fers anciens. C'est un livre déshonoré, à rejeter sans hésitation.
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Reliures truquées Armoiries bidon Retour au début du chapitre VII |
Armes fausses. Pratique plus malhonnête encore. Elle n'est malheureusement pas toute récente. Certaines armes fausses sont très difficiles à discerner. C'est grâce à l'éclat de l'or que l'on arrive à les distinguer. Si un volume vous semble posséder des armes trop éclatantes faites le voir à un bon libraire. Seule une longue pratique peut être de quelque utilité à cet égard. Il est bien certain en tous cas que Napoléon ler et Mme de Pompadour ont vu ces dernières années leur bibliothèque s'enrichir.
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Reliures truquées Un habit neuf Retour au début du chapitre VII |
Reliures entièrement modernes. Il ne s'agit pas là d'élégants pastiches que peuvent confectionner en s'inspirant de modèles anciens quelques bons relieurs contemporains, qui les signent d'ailleurs, mais de reliures souvent très bien exécutées sortant des ateliers de quelques artisans et destinées le plus souvent a être vendues comme reliures anciennes. Elles sont exécutées à l'aide de peaux anciennes arrachées à des volumes sans valeur, et de papiers anciens. Elles sont dangereuses pour la plupart des bibliophiles car leur fabricant pousse la conscience (!) jusqu'à ternir artificiellement les ors et salir la tranche supérieure pour simuler une poussière séculaire. Un examen attentif permet de discerner que les reliures n'ont pas réellement " vieilli " comme elles auraient du le faire. Les traces d'usure sont trop marquées, les fils de coutures semblent trop neufs, les ors n'ont qu'une fausse teinte ancienne. Ce genre de reliure est heureusement assez rare. En cas de doute un amateur s'abstiendra d'acheter un exemplaire dont le libraire ne lui garantirait pas, sur facture, l'authenticité de la reliure.
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FIN des prescriptions du docteur Clouzot |